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03Fév

Aux origines de la photographie


L’invention de la photographie a demandé la mise en pratique de plusieurs techniques et découvertes, notamment dans le domaine de l’optique et de la chimie.

La photographie, du préfixe « photo » (φωτoς, photos : lumière, clarté) et du suffixe « graphie »(γραφειν, graphein : peindre, écrire), est l’action d’écrire avec la lumière.

La photographie peut être définie comme le fait de fixer sur un support pérenne, par des moyens physico-chimiques, les images formées par la lumière dans le dispositif optique prévu à cet effet.

Des prémices…

La plupart des innovations techniques utilisées par la photographie avaient étaient découvertes bien avant l’invention de celle-ci.

En effet, Aristote, 4 siècles avant J.C., faisait déjà mention de la « camera obscura » dans ses écrits. Léonard de Vinci décrit également cette chambre noire en 1514 : « En laissant les images des objets éclairés pénétrer par un petit trou dans une chambre très obscure tu intercepteras alors ces images sur une feuille blanche placée dans cette chambre. […] mais ils seront plus petits et renversés. ». Dès le milieu du 16ème siècle, les chambres noires étaient très répandues. Elles servaient aux dessinateurs et aux peintres à tracer sans faillir la perspective des objets les plus complexes.

 
Camera Obscura

Camera Obscura

Une chambre noire (en latin « camera obscura ») est un instrument optique qui permet d’obtenir une projection de la lumière sur une surface plane, c’est-à-dire d’obtenir une vue en deux dimensions très proche de la vision humaine.

Vers 1550, la camera obscura est améliorée, notamment par le mathématicien italien Jérôme Cardan, qui remplace le « petit trou » par une lentille convergente.

D’autre part, le phénomène du noircissement des sels d’argent, lorsqu’ils sont exposés à la lumière, avait déjà été mis en évidence dès le Moyen-Age. Puis, vers 1780, le physicien français, Jacques Charles, parvint à figer, mais de façon fugace seulement, une silhouette obtenue par le procédé de la chambre noire sur du papier imbibé de chlorure d’argent. D’autres chercheurs, tels que Thomas Wedgwood (1771-1805), firent des expériences analogues sans pour autant arriver à fixer définitivement l’image sur un support.

… à l’invention de la photographie

Point de vue de la fenêtre_Niepce

Point de vue de la fenêtre, vers 1826


Les premières images stables obtenues à l’aide de la chambre noire sont dues au français Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833). Après des années d’expériences et de tentatives il parvint, vers 1826, à reproduire pour la première fois, sur une surface sensible préparée à cet effet, l’image formée dans la chambre noire et à fixer cette image pour lui donner une certaine stabilité.

La première photographie représente une aile de sa propriété à Saint-Loup-de-Varennes en Saône-et-Loire.

Cette première image, telle que Niépce l’obtint d’abord, se formait sur une plaque de métal enduite d’une solution de baume de Judée (bitume), qui, brun foncé à l’origine, blanchissait sous l’action de la lumière. Niépce lui-même nomma cette technique « l’héliographie ».

En 1829 Niépce s’associe à Louis Daguerre, un peintre français qui lui aussi avait effectué d’important travaux sur l’optique et la chambre noire. Après le décès de Nicéphore Nièpce en 1833, Louis Daguerre continue seul les recherches. En 1839, il met au point le célèbre « Daguerréotype ». Louis Daguerre apporte, en effet, une contribution majeure en trouvant un procédé qui permet de raccourcir le temps de pose, jusqu’alors très long (plusieurs heures), à quelques dizaines de minutes seulement. Cependant, le daguerréotype est rapidement supplanté par d’autres améliorations du procédé.

En 1841, l’anglais William Henry Fox Talbot brevète le « calotype », premier procédé négatif/positif qui permettait la multiplication d’une même image grâce à l’obtention d’un négatif.

« Portraits-cartes »


Dès 1850 est mis au point le processus du négatif sur plaque de verre au collodion humide avec un report sur papier albuminé.

Puis, en 1854, André Adolphe Eugène Disdéri, un photographe parisien, dépose un brevet permettant la réalisation de huit clichés identiques sur la même plaque de verre, et donc un tirage huit fois moins cher.

Les plaques Autochromes Lumière

En 1869, Louis Ducos du Hauron réussit la première photographie en couleurs mais ce n’est qu’en 1903, que le premier procédé couleur monoplaque voit le jour. Il s’agit de « l’autochrome » breveté par les Frères Lumières.  

 

Comme pour la plupart des grandes inventions, la photographie a vu le jour grâce aux expériences et recherches de nombreux savants. Toutes ces contributions ont permis l’amélioration des procédés, jusqu’à donner la photographie que l’on connait aujourd’hui.

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